Au court des années, et même pendant ces hypothétiques histoires de guerre east/west, le Wu -Tang Clan et Cypress Hill ont toujours fait preuve d’unité, amenant d’ailleurs GZA et Muggs à collaborer sur plusieurs morceaux dans le passé, comme on pouvait voir GZA sur Kill Hill Niggas morceau de l’album Temple Of Boom ou encore Muggs produisant Luminal pour le Legend Of The Liquid Sword de GZA.
Alors c’est quelque part sans trop de surprise que l’on retrouve ces deux anciens disciples maintenant maitres dans leurs domaines se réunir sur un album.
Tracklisting :
01. Opening
02. Those That’s Bout It
03. Destruction Of A Guard
04. Exploitation Of Mistakes
05. General Principles
06. Advance Pawns
07. Queen’s Gambit
08. All In Together Now
09. Unstoppable Threats
10. Unprotected Pieces
11. Illusory Protection
12. Smothered Mate
Présenté comme un jeu d’échec et un peu aussi comme une confrontation entre les deux hommes, l’album s’apparente en fait plus à une coalition de deux maitres du rap game pour une fois de plus faire resplendir la bannière du rap.
Car si on nous présente l’album comme un Muggs Versus GZA, avec un concept tournant autour d’un match d’échec qui sert de fil conducteur à l’album comme le laisse aussi percevoir certains titres de morceaux assez explicites comme le très menaçant Unprotected Piece, prenant comme repère l’échiquier pour définir le « rap game » et ses illusions, ou encore Advance Pawns se basant aussi fortement autour de ce jeu, Muggs & GZA mènent le même combat.
DJ Muggs, producteur attitré de Cypress Hill et aussi connu pour ses compils Soul Assassins, avec sa patte légendaire prépare le terrain pour l’attaque que GZA, un des créateurs et rappeur du Wu Tang Clan, mène avec des lyrics tranchants et une technique irréprochable.
Le coté western et très ‘wild west’ de All In Together prouve d’ailleurs que les hommes sont bel et bien unifiés pour une cause unique, le rap, un sujet qu’il traite donc beaucoup à travers cette analogie des échecs qui laissera malheureusement pas mal de gens indifférents.
Mais c’est surtout une atmosphère assez sombre et mystique, avec toutes les influences habituelles de Muggs, qui place des productions des fois assez académiques mais qui font leurs effets avec une certaine richesse musicale, et d’autres un peu trop répétitives, comme par exemple Illusory Protection, qui devient vite assez stressant (surtout à travers des écouteurs) ; mais ça n’enlève rien à la qualité globale de l’ambiance que Muggs crée avec ses productions.
Muggs sert pas mal de très bon beats, le coté très samplers reste différent des productions actuelles, souvent travaillées sur PC, et ce style de production linéaire sera appréciée par les fans de sons plus organiques, surtout avec des morceaux extraordinaires comme le très envoutant Exploitation Of Mistakes, magnifique autant par le récit de GZA que par la musique de Muggs, ou même encore le plus rock et dynamique Smoothered Mate.
Et si on retrouve quelque invités comme RZA, Raekwon et Sen Dog sur Advance Pawns ou bien Masta Killa et ProdigalSunn sur Unstoppbale Threats, GZA est vraiment le maitre de cérémonie.
Ses histoires nous tiennent attentifs du début à la fin, il maitrise parfaitement avec des lyrics directs.
Loin des métaphores et autres styles parfois douteux de certains membres du WU, le style de GZA est clair et simple et frappe toujours sec avec un phrasé concis, faisant aussi preuve de pas mal d’originalité.
Comme Queen’s Gambit, où il intègre à son histoire de fille pas très catholique toutes les équipes de NFL (sauf Atlanta Falcons qui a du être oublié) sans pour autant faire perdre de l’intensité à son récit qui reste captivant comme sa technique propre et efficace.
Il est vrai que les deux sont vraiment des masters de leur art respectif, Muggs arrive avec des instrus du meilleur calibre et GZA sert des raps loin du tape à l’œil gimmick des rappeurs actuels,.
L’association est vraiment géniale et ces deux vétérans se montrent encore plein de ressources, nous servant un album quelque peu court (seulement 13 plages dont une intro), mais concentré de qualité.
Les deux retournent donc à l’essence de ce qui a fait leurs succès, Dj Muggs avec des sons souvent noirs et mystérieux, et GZA qui domine avec sa voix et ses mots justes et froids, faisant de Grandmasters un album de maitres.
Kiki L. Carter, Shh’s Platinum Kat !
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