Si les originals Hot Boyz (Juvenile, Turk et B.G) ont tous quitté les uns après les autres le célèbre label de la Nouvelle Orléans (même Mannie Fresh dernièrement), Lil Wayne, lui, a toujours été fidèle au label et à ses deux fondateurs, et a même réussi à prendre la place de directeur des opérations.
C’est aussi sa place parmi les grands de cette nouvelle scène que Wayne, pourtant bien loin d’être débutant, vient confirmer.
Après le départ de Mannie Fresh, Tha Carter II serait le premier album de Wayne sans productions de Fresh et le challenge de Wayne, dernière vrai star de son label, était de taille, s’affirmer comme un vrai rappeur et montrer qu’il pouvait faire sans le producteur qui avait donné tous ses hits au célèbre label du sud.
Le départ de Mannie semble être une bonne raison pour Wayne de ne plus se cantonner à des sonorités qui ne dépasse pas toujours les régions du sud et il s’ouvre donc de nouveaux horizons.
Le son soul de Tha Mobb ouvre le bal et se marie à merveille avec le flow un peu lancinant et lent de Wayne qui accroche l’auditeur avec pas mal de charisme et de confiance derrière le micro, à la hauteur des ambitions qu’il y décrit, ou bien sur Feel Me, tous dans le même esprit et de très bonne facture.
Ces sons très soul prennent pas mal de place sur l’album mais à chaque fois Wayne est vraiment au top avec beaucoup d’intensité et un vrai talent lyrique comme le prouve aussi Fly In où il adresse aussi quelques problèmes perso, dont son embrouille avec certains ex -membres de Cash Money ainsi que sur l’impression Carter II montrant aussi la maturité acquise par le rappeur.
Weezy n’oublie cependant pas ses fans « down south » et il se rappelle à eux avec les hits Fireman et D -Boys, en compagnie de Baby et grâce à des beats pleins d’énergies, il fait des morceaux pure club qui ne manqueront certainement pas de vous faire bien bouger.
C’est malheureusement quand il abuse de ses vieilles habitudes sudistes qu’il fait les morceaux les plus passables de l’album, tel un Money On My Mind, et son sample vocal choppé à la Swisha House qui est très faible, comme quand il remplit ses couplets de ses éternels rhétoriques de bitches, money & bling, nous faisant presque oublier qu’on le trouvait plus mature sur d’autres tracks.
Wayne Carter a pourtant des éclairs de génies sur un Fly Out ou un autre son bien soul tel The Receipt et le personnel Get Over, se montrant aussi capable de faire des morceaux additifs comme Mo Fire, irrésistible comme Wayne posant sur ce beat aux accents reggae qui lui conviennent à merveille transformant le morceau en vrai hit en puissance.
Il approche l’excellence avec le très jazzy et extraordinaire Shooters, qui est sans question le meilleur morceau de cet opus, et même si vous n’aimez pas Wayne, vous ne pourrez pas résistez à cette reprise de Robin Thicke, invité sur cette nouvelle version qui fait extrêmement mal !
En mode gangsta, il est aussi très fort comme le démontre le violent Oh No où il délivre une autre grosse performance ainsi que sur l’explosif Hit ‘EmUp.
Et la diversité des sons, l’éloignant de son univers bounce, lui donne vraiment une nouvelle dimension prouvant qu’il est un meilleur rappeur que beaucoup le pense et on ne peut pas ignorer son talent comme quand il pose avec beaucoup d’assurance sur le rock infusé, Best Rapper Alive, où il est tout de même un peut être trop arrogant se déclarant le meilleur rappeur en vie.
Cependant, à 23 ans et avec déjà 5 albums au compteur, Lil Wayne commence pourtant à peine sa carrière et on ne peut que croire en son avenir en écoutant Tha Carter II.
La direction prise par le jeune rappeur était risquée, et il se montre vraiment à la hauteur avec un album, de 22 plages vraiment très consistent.
Il n’y a presque que du lourd et on ne peut pas vraiment lui en vouloir pour deux ou trois morceaux plus faibles, quand il aligne des sons massifs les uns après les autres comme sur cet opus.
Wayne prouve qu’il peut définitivement être compté parmi les acteurs importants de la scène rap, il prouve aussi au passage qu’il peut s’adapter et même faire mieux sans Mannie Fresh, avec probablement le meilleur album du catalogue de Cash Money Records à ce jour.
Kiki L Carter, It’s Da Carter Motherfuckaz !
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