Pas forcément sous les feux de la rampe, et même carrément pas, Amara est de ces rappeurs qui se bougent et fournissent un travail de qualité mais que les médias, des plus ‘spé’ qu’ils puissent être, ne lui tendent pas trop l’oreille…(Qui a dit l’oseille ?)
Méritant pourtant sur plus d’un ‘titre’, nous lui avons donc posé quelques questions, pour que toi, qui lis ceci et se demande qui est Amara ou ce qu’il fait, tu puisses enfin le savoir.
Car comme dirait le célèbre proverbe, ce sont les vrais qui savent…
Alors sachons…
StyleHipHop.com : Première question, classique, la présentation…
Amara : Amara, rappeur depuis 96, 1 er maxi en 2000, second en 2001. Un 10 titres en 2002 puis un album dans les bacs depuis février dernier : « Portrait Craché ».
À part ça je suis comme tout le monde.
Tu as été animateur pendant 3 ans sur Générations… Qu’en gardes-tu comme souvenir ?
Les meilleurs moments… Les pires…
Pourquoi as-tu arrêté ?
C’est la première fois que j’ai eu des contacts avec les gens du rap car avant ça je m’en foutais un peu (c’est toujours un peu le cas d’ailleurs). Je ne voulais que rapper avec mes potes…
Mais ça m’a fait du bien de voir les différents acteurs de cette musique, ça m’a montré qu’il y avait plusieurs points de vue, plusieurs manières de taffer et puis surtout les rencontres. Ca m’a rendu moins fermé sur moi-même.
J’ai arrêté parce que ce n’était pas ma vocation, j’ai kiffé pendant un moment mais il fallait que je revienne à mon truc, écrire des textes et faire de la scène.
Le meilleur moment : Le premier jour de l’émission (Ca fait plaisir)
Le pire moment : Le dernier jour (Ca s’est un peu mal passé avec certaines personnes, mais bon, c’est oublié …)
Il y a ensuite la rencontre avec Princess Aniès, qui sera en quelque sorte ta ‘marraine’ dans le rap…
Comment s’est passée cette rencontre, et comment est venue l’idée de travailler ensemble ?
On s’est connu à la radio (quand je te parlais de rencontre … et bien voilà) et on est devenu super pote. Elle avait déjà son label et quand je lui ai dit que je commençais à préparer mon album, elle m’a tout simplement proposé de me filer un coup de main.
J’ai tout de suite accepté car il n’y avait pas ce délire de hiérarchie avec un patron de label qui te casse les co**lles pour avoir des résultats, j’ai bossé avec une pote donc c’était parfait. Le taf en famille, c’est ce que j’ai toujours voulu faire.
Vous avez également fondé ensemble un label, Tilt Productions, pour la sortie des 2 albums… Parle nous un peu de ce label… Qui fait quoi ? Allez-vous signer d’autres artistes ?
Pour l’instant les 2 sorties de ce label sont le « Comte de Faits » d’Aniès en 2002 et mon « Portrait Craché ».
On essaie de gérer nos 2 carrières car on n’est que 2 à tout faire, et c’est un peu lourd comme taf.
Mais plus tard on a bien l’intention de bosser avec d’autres personnes, ce n’est juste pas possible pour le moment. Notre label c’est un gros bordel organisé, on fait tout tous les 2 … Aussi simple que ça…
Tu viens de sortir ton nouvel album il y a quelques mois, ‘Portrait craché’… Si tu devais le décrire en quelques mots ?
Ce sont les meilleurs morceaux que j’ai écris depuis que je rappe. Mes morceaux les plus personnels aussi. Un album franc qui parle aux gens sans démago et qui va droit au but. Je suis super content.
Ok c’est pas le plus commercial des albums rap, c’est pas celui qui va me rapporter grave de la thune, mais je suis fier que ce soit mon premier album car il me ressemble à 2000 %.
C’est mon vrai portrait craché, pas celui d’un mec qui se prend pour un autre.
C’est un album très varié au niveau des styles ? Quelles sont tes influences en termes de prods ? Le style de rap vers lequel tu te rapproches ?
Honnêtement j’en sais rien, j’ai pas essayé de reproduire une ambiance quelconque.
J’ai choisit des prods et des thèmes sans calcul, sur le moment justement pour essayer de ne ressembler qu’à moi. Après, en général ce que j’entends c’est que je fais dans le conscient, moi je dirais plutôt que je fais du rap honnête et franc, voilà.
Mais ce n’est pas à moi de juger ma propre musique.
Après par rapport à mes goûts, « Je n’écoute que du rap français », un point un trait.
Justement, en parlant de prods, tu fais en quelque sorte un appel au peuple (‘Propose TesProds’)…
C’est quoi ? Un ras-le-bol des producteurs superstars ? Un manque de beatmakers en France ? Une envie d’avoir du son frais ? La volonté de faire croquer tout le monde ?
C’est surtout qu’il y a un tas de mecs qui font des tueries en prod mais qu’on entend pas forcément, ou pas du tout. Et je trouve ça beaucoup plus kiffant de dénicher ces mecs là et de faire des bombes avec eux. Une manière de montrer que la qualité n’est pas toujours là où la plupart des gens la cherchent.
Quelle est ta vision du Hip Hop aujourd’hui ?
Comment vois-tu l’évolution du milieu ?
Je ne vois que du bon. Qu’on kiffe ou pas la tendance, il y a de plus en plus de rappeurs et de plus en plus de très bon rappeurs. J’aimerais juste qu’on donne la parole à tous les styles et pas juste choisir un seul créneau et oublier les autres. Mais bon …
Tu es assez proche du groupe Mecs d’en bas… Quelles sont tes relations avec eux ? Est-ce que Tilt Productions sera de la partie sur leurs prochaines sorties ?
C’est pas encore prévu, ce sont des potes, c’est la famille. Nos relations sont tout sauf professionnelles.
De toute façon ils se débrouillent très bien tous seuls, tu vas entendre parler d’eux d’ici pas longtemps, leur album arrive.
Mecs d’en bas… Bientôt dans les bacs !
Quels sont tes projets justement, ou les projets du label Tilt ?
Mon prochain album sur lequel je suis en ce moment.
Après on verra, c’est au jour le jour chez nous (Rires)
Un dernier mot ?
Oh Gynéco ! Qu’est-ce qui t’a pris ?!? …
Propos recueillis par Sylv’One pour StyleHipHop.com …
Octobre 2006 …
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